UNE PLUS FORTE COORDINATION ET DES STRATEGIES NOVATRICES
Pour intensifier la riposte contre le sida au Togo vers l’accès universel à la prévention et à la prise en charge, les partenaires recommandent :
Une plus forte coordination et des stratégies novatrices
La lutte contre le sida prend un tournant novateur au Togo. Le premier Forum des Partenaires sur la pandémie, s’est tenu les 11, 12 et 14 mai 2010 sous le thème : « Accès Universel au Togo : Réalisations et Perspectives ». La rencontre a été organisée par le Secrétariat Permanent du Conseil National de Lutte contre le Sida et les Infections Sexuellement Transmissibles (SP/CNLS-IST) avec l’apport financier et technique de partenaires au développement notamment les bureaux pays de l’OMS, de l’ONUSIDA, et de l’UNFPA. Elle a été ouverte le mardi 11 mai par le Ministre d’Etat en charge de la santé, M. Komla MALLY, en sa qualité de deuxième vice-président du CNLS-IST. La fin des travaux a été marquée par l’adoption d’une feuille de route dite ambitieuse et réaliste.
Les principaux résultats du Forum
Après la cérémonie d’ouverture officielle présidée par le Ministre de la Santé, les travaux ont débuté par des communications sur le niveau d’atteinte des cibles de l’Accès Universel.
Les sujets de communication sont le niveau d’application des Trois principes au Togo et le niveau de la réponse nationale au VIH du point de vue programmatique. Il s’agit notamment de faire l’état des lieux des Trois principes au Togo, d’une part, et d’évaluer l’Accès Universel aux services de prévention, de traitement et soins, d’appui et de soutien et, d’autre part, l’accès universel en matière de promotion des droits humains.
Après ces présentations, les discussions ont permis de dégager des
consensus sur le travail à faire et les résultats attendus. Les
participants se sont ensuite retrouvés dans quatre groupes de travail
conformément à chaque thématique (Trois Principes, Prévention, Traitement
et appui : les droits humains étant un domaine transversal n’ont
pas nécessité un groupe à part).
La mission de chaque groupe était l’identification des obstacles à l’application pleine des Trois principes Directeurs, à la prévention, au traitement et à l’appui. Chaque groupe devrait également proposer des solutions, des cibles des prochaines actions et une feuille de route.
A la fin, les principaux résultats auxquels ont abouti les travaux du Forum se résument en cinq points essentiels que sont : l’amélioration de la composition du CNLS-IST, le renforcement de la coordination, la mise en place des groupes de référence thématiques, l’identification des cibles et la mobilisation des ressources. Concrètement le Forum a recommandé la révision du décret portant création du CNLS sur la base des Trois Principes Directeurs, en incluant les partenaires au développement dans sa composition.
Les constats faits sur la faible capacité de la coordination à faire pleinement son travail ont conduit les participants à souhaiter « que la coordination nationale s’exprime dans toute ses dimensions».
Suite à ces constats les obstacles identifiés ont conduit à la définition des actions prioritaires parmi lesquelles la mise en place des commissions techniques et des groupes thématiques spécifiques, la nécessité de rendre effective l’autonomie financière du SP/CNLS-IST conformément au texte qui crée le conseil, l’élaboration de stratégies relatives aux populations vulnérables telles que les femmes, les jeunes, les Travailleurs de Sexe, les Hommes ayant des rapports Sexuels avec d’autres Hommes, les consommateurs de drogue par injection.
Il a été également recommandé la mise en place des mécanismes de renforcement de la participation des partenaires au processus d’élaboration, de mise en œuvre et de revue du Plan Stratégique National de Lutte contre le Sida. A ces éléments s’ajoute l’urgence d’élaborer et mettre en œuvre les manuels de procédures de suivi et d’évaluation et des outils harmonisés de collecte d’informations.
Le niveau de réalisations de l’accès universel
Le Forum des Partenaires est parvenu au constat que l’atteinte des cibles de l’accès universel connaît des fortunes diverses, tant au niveau de la prévention, des soins et traitement, que dans l’appui et le soutien aux PVVIH.
D’abord, s’agissant du premier domaine prioritaire qui concerne l’intensification des services de prévention, les résultats vont au-delà des prévisions pour le dépistage volontaire avec 97 centres fonctionnels ayant dépisté 373 824 clients entre 2007 et 2009. Ils sont encourageants pour la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant avec 128 sites fonctionnels, la prescription du protocole PTME à 1 451 femmes enceintes séropositives, et 1 508 enfants nés de mères séropositives ont reçu une prophylaxie. Ils sont également encourageants pour la sécurité transfusionnelle avec 76 418 poches de sang collectées entre 2007 et 2010.
Ensuite, concernant le second domaine prioritaire qui est l’accélération de l’accès au traitement, aux soins et à l’appui, 115 structures de traitement ont été accréditées et les ARV sont dispensés dans 42 sites au profit de 16 710 PVVIH, soit un taux de couverture de 53,9 % contre 27,3 % en 2006. Pour les soins, 17 000 PVVIH soit 94,4% ont bénéficié d’un soutien psychosocial et nutritionnel et 15 511 OEV sont enregistrés et suivis.
Enfin, à propos du domaine prioritaire 4 sur la promotion des droits humains qui concerne la lutte contre la discrimination et la stigmatisation, la loi portant protection des personnes en matière du VIH adoptée en 2005 a été améliorée et adoptée par le gouvernement qui l’a déposée sur la table de l’Assemblée Nationale pour vote.
Ces acquis illustrent à souhait l’excellente performance réalisée dans le domaine du traitement par les ARV et dans la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant.
Les participants ont reconnu qu’à l’élaboration du Plan Stratégique
National, les cibles de l’accès universel ont été mieux exprimées
seulement dans le domaine de la santé. Par contre, les cibles se
rapportant à la stigmatisation et à la discrimination, à la recherche,
au suivi et à l’évaluation, à l’appui aux personnes vivant avec
le VIH, aux orphelins et enfants en situation vulnérable de même
qu’à la coordination méritent d’être reformulées pour mieux fixer
l’horizon et en faciliter l’évaluation.
Mais le mérite du Togo a été relevé et salué, celui d’avoir énoncé parmi les premiers pays de la région ouest-africaine de l’ONUSIDA des cibles dans son plan stratégique.
Pour atteindre les cibles de l’accès universel, le CNLS-IST devra renforcer son Secrétariat Permanent : accroître le personnel, le former à une meilleure connaissance des domaines programmatiques et à la gestion (le « management » anglo-saxon) ; préciser à nouveau ses responsabilités et tâches, l’encourager à plus d’animation et à plus de communication avec tous les acteurs et partenaires, à plus de transparence par des plans de travail et rapports annuels.
La rencontre invite également à élaborer les stratégies relatives aux populations vulnérables tels que les femmes, les jeunes, les Professionnels de Sexe, les Hommes ayant des rapports Sexuels avec d’autres Hommes (HSH), les consommateurs de drogue injectable, et à mettre en place des mécanismes de renforcement de la participation des partenaires au processus d’élaboration, de mise en œuvre et de revue du PSN.
En réponse au déficit d’harmonisation et d’alignement, le Forum a décidé de traduire dans les faits les principes de la Déclaration de Paris.
S’agissant d’un système national de suivi et d’évaluation pour l’ensemble des activités, les participants visent pour les prochaines années l’élaboration et la mise en œuvre de manuels de procédures de suivi et d’évaluation et des outils harmonisés de collecte.
La couverture nationale reste un défi à relever
Les participants au Forum ont relevé des difficultés liées à l’atteinte des objectifs de l’accès universel aux différents services tels la prévention, le traitement, les soins et l’appui des groupes cibles du Plan Stratégique National (PSN) comme les jeunes, les professionnelles de sexe, les femmes dans le cadre de la Prévention de la Transmission Mère à l’Enfant( PTME). Ces services énumérés battent de l’aile dans leur ensemble quand bien même les efforts sont consentis.
Pour la prévention, certes, 97 Centres de Conseils et Dépistage Volontaire et Anonyme (CDVA) ont été identifiés en 2009 sur le plan national, mais l’on note un taux de couverture nationale faible soit 6,1 %.
Même son de cloche dans le programme de la PTME pour lequel 128 sites ont été implantés sur le territoire national pour le dépistage des femmes enceintes. Seulement 42101 femmes ont été dépistées en 2009, et cela ne représente que 14,5% de couverture nationale.
Chez les professionnelles de sexe, un nombre important de préservatifs a été distribué : 51520 préservatifs féminins et près de un million 400 000 préservatifs masculins. Mais la préoccupation demeure le système de collecte utilisé pour l’obtention de ces chiffres surtout en ce qui concerne les préservatifs.
Par rapport à la prévention en milieu scolaire, il est annoncé l’intégration du VIH dans les curricula de formation des élèves. Le ministère de l’enseignement technique veut faire des émules et pour ce faire un arrêté ministériel instaure l’enseignement du VIH à la rentrée scolaire 2010-2011 dans tous les établissements techniques publics et privés du Togo.
Dans le domaine du traitement, le taux de couverture nationale par les médicaments anti retro viraux est de 53,9% et le gap à combler dans les cinq années à venir c’est-à-dire jusqu’en 2015 est de 26,1%. Par, la prise en charge de la co-infection VIH/TB est de 28% en 2009.
Sur l’aspect droits humains, au Togo, les actes de discrimination et stigmatisation ne sont pas documentés et la loi n°2005-012 bien que revue n’est pas encore votée ni promulguée dans sa dernière formulation depuis 2008.
Le Forum recommande alors de confier le leadership de ce domaine prioritaire à un département en charge des droits humains pour faciliter la coordination et sa mise en œuvre et de faciliter également la mise en place de mécanisme d’assistance aux personnes.
Le double intérêt du Forum des partenaires
Le ministre d’Etat, ministre de la santé, deuxième vice-président
du CNLS-IST, Komla MALLY qui a donné le coup d’envoi
au 1er forum des partenaires sur la lutte contre le sida au Togo
a salué la contribution des acteurs qui ont fait du sida leur cheval
de bataille pour la mise en œuvre du Plan Stratégique National 2007-2010.
Aussi a-t-il notifié que le premier intérêt du Forum des partenaires est sa contribution aux préparatifs des deux réunions de haut niveau qui se profilent à l’horizon ; la première en juin prochain à Brazzaville sur l’accès universel et la seconde du 20 au 22 septembre 2010 à New York qui va plancher sur les OMD.
« Le sommet, qui sera suivi et prolongé le lendemain 23 septembre
par la réunion de haut niveau sur le sida, fera le point sur les
réussites, les meilleures pratiques, les leçons apprises, les obstacles
et les lacunes liées aux OMD et autres objectifs de développement
» a clarifié le Ministre MALLY.
Le deuxième intérêt du Forum est, au delà de l’élaboration de la nouvelle feuille de route des interventions, sa contribution à l’évaluation du Plan Stratégique 2007-2010. Il a ainsi parlé de la contribution du Forum au processus de la revue du Plan Stratégique National 2007-2010. Cette revue débouchera sur la rédaction du prochain Plan Stratégique National de Lutte contre le sida 2011-2015 ».
Le Ministre en charge de la santé a relevé les conditions socio-économiques et politiques difficiles dans lesquelles la riposte au sida a eu lieu au Togo ces dernières années, avant de lancer un satisfécit : « Mais vaillamment, nous avons tous fait de notre mieux pour atteindre les résultats que nous avons aujourd’hui ».
Pour sa part, le coordonnateur pays de l’ONUSIDA, Dr Emmanuel
GNAORE a souligné que la finalité de ce forum des partenaires
est d’élaborer un document qui va engager les plus hautes autorités
togolaises. IL a demandé aux participants de ne pas transformer
le forum ni en « une tribune de ce qui a été fait » ni « un jugement
de ce qui a été fait » encore moins « une condamnation des travers
».
Le Président de la République était représenté au Forum par son
conseiller santé, Pr Badjona SOGNE. Egalement à
la table d’honneur autour du Ministre d’Etat Ministre de la Santé,
il y avait le Représentant résidant de l’OMS au Togo, Dr
Pierre MPELE, le Coordonnateur ONUSIDA au Togo, Dr
Emmanuel GNAORE, et le Coordonnateur National du Secrétariat
Permanent du CNLS-IST, M. Abi Tchao TAGBA. La présence
du Conseiller Technique de l’Agence Française de Développement au
Centre National de Transfusion Sanguine, M. Blaise BIKANDOU
était très remarquée, tant il devait s’envoler le même du Togo étant
arrivé en fin de mission. Les participants étaient venus des secteurs
public, privé et associatif du Togo
En conclusion, ce forum qui porte sur l’accès universel est le 1er
du genre au Togo. IL a été un cadre d’échanges constructifs selon
le Coordonnateur National du Secrétariat Permanent du CNLS-IST,
Abi Tchao TAGBA : « Le forum des partenaires sur
le sida consiste à offrir aux partenaires et acteurs de la réponse
nationale contre le sida l’opportunité de partager le bilan de la
marche vers l’accès en matière de lutte contre le sida et surtout
de faire des recommandations pour l’amélioration de la réponse à
l’infection à VIH au Togo ».
La finalité de la rencontre est d’avoir donné une orientation nouvelle et pratique des efforts vers l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement (OMD) dont la date butoir est fixée à fin 2015.
Le SP/CNLS-IST
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